Du 6 au 8 août 2025, l’association Sœurs Pour Sœurs/Tond Laa Taaba (SPS/TLT) et l’Initiative Pananetugri pour le Bien-être de la Femme (IPBF) ont organisé à Fada N’Gourma un atelier de plaidoyer pour promouvoir l’intégration de la santé mentale dans les politiques publiques régionales. L’initiative, soutenue par le programme Feminist Opportunities Now, a réuni plus d’une trentaine d’autorités et leaders communautaires dans un contexte où l’urgence psychosociale se fait pressante.
La région de l’Est, durement touchée par la recrudescence des attaques terroristes, fait face à une crise silencieuse : les séquelles psychologiques laissées par les violences.
Femmes, enfants et familles entières vivent avec des traumatismes invisibles, souvent sans accès à une prise en charge appropriée. C’est dans ce contexte que SPS/TLT et IPBF ont initié cet atelier de plaidoyer, afin de mobiliser les décideurs autour de réponses concrètes pour le soutien psychosocial et la santé mentale.
Trois jours pour former, échanger et plaider
Durant les deux premières journées, les autorités administratives, coutumières, judiciaires, militaires et paramilitaires, ainsi que les leaders communautaires ont suivi des sessions de formation sur la santé mentale, la gestion du stress et l’accompagnement psychologique.
Ces échanges interactifs ont permis de consolider leurs connaissances et de mieux comprendre les enjeux liés à la prise en charge holistique dans un contexte de crise.
Plaidoyer ciblé auprès des autorités
La troisième journée a été consacrée à un plaidoyer direct auprès des décideurs locaux.
L’objectif est d’encourager l’intégration de la santé mentale et du soutien psychosocial dans les plans de développement et budgets régionaux et de renforcer les mécanismes de lutte contre la stigmatisation.
Les discussions ont souligné l’importance d’une réponse institutionnelle forte face aux traumatismes causés par l’insécurité, particulièrement pour les femmes et les filles souffrant de la maladie mentale et les femmes déplacées internes, victimes de multiples violences
S’exprimant à cette occasion, M. Ouattara a salué l’initiative et appelé à un sursaut collectif.
« Il est de notre devoir, en tant qu’autorités administratives, leaders communautaires et acteurs de développement, de briser le silence, de combattre les préjugés et de bâtir des cadres inclusifs où chaque femme, chaque fille, y compris celles atteintes de troubles mentaux, trouve sa place, bénéficie de ses droits et contribue à l’essor de notre société. »
Siaka Ouattara, Secrétaire Général de la Région de l’Est
Un engagement qui appelle des actions concrètes
Cet atelier marque une étape importante dans la reconnaissance de la santé mentale comme une priorité de santé publique dans la région.
« Nous saluons l’ouverture et l’écoute des autorités présentes. Mais au-delà des paroles, nous espérons voir ces engagements se traduire en actions concrètes »
Marie Rose KERE, Présidente du Conseil d’Administration de SPS/TLT
Ce plaidoyer s’inscrit dans le cadre d’un projet conjoint SPS/TLT – IPBF, visant à renforcer les politiques publiques et les services de santé mentale dans les zones affectées par l’insécurité. Il vise à interpeller les autorités sur les questions de l’accessibilité des soins de santé mentale et à briser stigmatisation des femmes et des filles souffrant de la maladie mentale.
Les deux associations entendent maintenir un dialogue constructif avec les décideurs et consolider les compétences des acteurs locaux, afin que la santé mentale des femmes et des filles cesse d’être le maillon faible des réponses humanitaires et de développement.
Elles aspirent à ce que cette dynamique encourage les partenaires techniques et financiers à mobiliser davantage de ressources pour répondre à l’ampleur des besoins sur le terrain.
« L’urgence est réelle. Sans une réponse adaptée, les traumatismes risquent de compromettre durablement la résilience des communautés », a alerté une participante